Nationale 7

25.8.18
Les panneaux routien sur la Nationale 7.


Il fut une époque où les autoroutes ne quadrillaient pas encore la France et où, partir en vacances, signifiait emprunter la Route Nationale 7, cette célèbre route descendant vers le Sud et ses plages. Chantée par Charles Trenet en 1955, elle « fait de Paris un p’tit faubourg d’Valence, et la banlieue de St-Paul de Vence ! ».

Mais quelle est l’histoire de cette route aussi mythique que la route 66 en Amérique ?


Il faut encore une fois remonter aux Romains pour retrouver l’origine de la Nationale 7. En effet, c’est au premier siècle avant JC que fut mise en place la via Agrippa qui reliait la capitale de l’époque, Lugdunum (Lyon), à toutes les villes importantes de la Gaule de l’Aquitaine au Rhin mais aussi de l’océan à la Méditerranée.

 Ce n’est pas vraiment le tracé de la Nationale 7 que nous retrouvons ici mais celui de sa sœur presque jumelle et parfois confondue, la Route Nationale 6.


Une vieille caravanne abandonnée.


Historiquement, il existe donc deux routes pour aller de Paris à Lyon, celle du Bourbonnais (la Nationale 7) et celle de Bourgogne (La Nationale 6). Les deux ont souvent été confondues, mais la Nationale 7, la vraie, descend plein sud au départ de Paris par Montargis Nevers et Moulins, avant d’obliquer vers l’Est et Roanne. 

À partir de Lyon, elle suit la Vallée du Rhône par Vienne, Valence, Montélimar et Avignon puis se dirige à nouveau vers l’Est en passant par Aix en Provence, Fréjus, Cannes, Nice et enfin Menton, terme de son voyage. Depuis 2006, la loi de décentralisation a déclassé une partie de son tracé dans le réseau départemental. Elle a donc souvent perdu son titre de Nationale 7 et n’est pas toujours facile à suivre. 

Les nougats de Montélimar.


La Nationale 7 a fait l’objet de nombreux livres dont beaucoup de magnifiques recueils de photographiques sur cette époque des vacances comme celui de Thierry Nelias « Histoire de la Nationale 7, de l'Antiquité à la route des vacances » paru en 2014 chez Pygmalion.


Les bouchons de la N7


Mais parler de la Nationale 7 c’est aussi parler des célèbres bouchons qui allaient avec. Car quand la Nationale 7 traversait certains villages, elle ne mesurait pas plus de quatre mètres de large au centre. Les camions et les caravanes ne pouvaient pas se croiser, occasionnant des bouchons interminables sur la route des vacances !

Les plus grands chefs ont installé leurs établissements le long de la Nationale 7. Entre Paris et le Midi, les vacanciers sont aussi en quête du meilleur des produits du terroir savamment mis en bouche par les plus grands chefs.  
Ainsi trouve t-on notamment, L’Hostellerie de la Côte d’or à Saulieu, qui devient un incontournable. Au milieu des années 30, Alexandre Dumaine décroche 3 étoiles au guide Michelin. Bernard Loiseau, notamment, lui succèdera en 1981.

Un ancien garage abandonné le long de la nationale 7.


Autre institution, La Pyramide à Vienne, fondée en 1925 par Fernand Point, qui est un des premiers chefs à obtenir 3 étoiles au Michelin. Les frères Troisgros et Paul Bocuse y effectuent leurs débuts.
En 1930, Jean Baptise Troisgros acquiert, à son tour, l’hôtel restaurant Les Platanes rebaptisé Les frères Troisgros, face à la gare de Roanne. L’établissement est ensuite repris par Pierre et Michel Troisgros.

Paul Bocuse, lui, ouvre son établissement, Paul Bocuse, en 1962 à Collonges-au-Mont-d’Or. 
Alors envie de quitter l’autoroute et de reprendre cette route mythique même si le tracé a bien changé ? Avis aux amateurs !


Une ancienne station essence sur la Nationale 7.
   

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